
Illustration Bernard Reymond
« Un bon rythme, des phrases courtes, un vocabulaire direct, dénué de périphrases, des descriptions précises, sans poses. »
– Haruki Murakami
Chère visiteuse, cher visiteur,
Bienvenue sur mon site ! J’aimerais ici partager avec vous ma passion d’inventer l’aventure et vous faire découvrir mes histoires.
J’ai du plaisir à concevoir des intrigues à suspense. Certaines sont situées dans un contexte historique parce que j’adore reconstituer une époque, afin de la revivre. D’autres se déroulent dans le cadre d’un voyage, souvent sur la mer. Ce n’est pas le cas de mes romans les plus récents : Le lac était noir et En plein brouillard ont le lac de Neuchâtel pour décor. Un lac parfois calme, parfois brutal, dangereux la nuit…
Pour mon dernier livre à paraître le 11 février, j’ai, cette fois, abandonné la fiction pour me confronter aux vrais enjeux de l’histoire compliquée entre la Terre et les humains. Croissez et multipliez est mon premier essai. Un ouvrage essentiel pour moi parce qu’il est l’aboutissement d’une vie passée à suivre l’évolution des indicateurs planétaires.
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– Gilles de Montmollin
Extrait de Croissez et multipliez
La population mondiale double tous les trente ans, m’a dit un jour mon père. C’étaient les années soixante, les Beatles chantaient A Hard Day’s Night, Johnny, Le Pénitencier, les cheveux des garçons s’allongeaient, au contraire des jupes des filles, et les voitures commençaient à déferler en masse sur les routes.
L’apogée des Trente Glorieuses.
Moi, j’avais dix ans et j’étudiais l’atlas familial, vieux de quarante ans. Devant les cartes des densités de population, je rêvais d’habiter une zone en jaune clair : zéro à un habitant par kilomètre carré. Donc pas dans ma Suisse natale, coloriée en rouge et en brun foncé. Plutôt au Canada, presque entièrement jaune, à l’époque de l’atlas. Où je pouvais m’imaginer des forêts à perte de vue, peuplées de grizzlis, de cougars, de lynx, de loups, d’orignaux, de wapitis et de plein d’autres gros animaux sauvages.
C’est dire que la petite phrase de mon père – elle s’est avérée un peu exagérée, mais pas tant que ça durant la seconde moitié du XXe siècle – m’a perturbé. Bien avant que le terme apparaisse, elle m’a rendu éco-anxieux. J’étais préoccupé par cette question : comment concilier une croissance infinie sur une planète, elle, bien finie, si j’en croyais mon vieil atlas ?
Gilles de Montmollin
le site officiel des aventures de Gilles de Montmollin
